Colopathie fonctionnelle

Motif fréquent de consultation, la constipation peut être définie comme une insatisfaction lors de la défécation, due soit à des selles peu fréquentes, soit à une difficulté pour exonérer, soit les deux. Des critères diagnostiques simples ont été proposés : moins de trois selles par semaine ; l’existence de selles dures et/ou des difficultés d’évacuation. Les difficultés pour exonérer comprennent les efforts de poussée, la sensation d’une gène au passage des selles ou d’une évacuation incomplète, l’émission de selles dures, un temps d’exonération anormalement prolongé ou l’utilisation de manœuvres digitales. Une durée d’évolution de plus de 6 mois des symptômes affirment le caractères chronique de la constipation.
colopathie

Devant une constipation chronique l’objectif du bilan est :
- De rechercher des signes d’alarme imposant la recherche d’une lésion colique
- De rechercher une éventuelle cause extra digestive, sans omettre les prises médicamenteuses à l’origine d’une constipation
- D’évaluer le retentissement sur la qualité de vie
- De proposer une thérapeutique associant des régles hygiéno-diététiques adaptées et un traitement médicamenteux

Quels sont les signes d’alerte devant une constipation ?
Les principaux signes d’alerte sont :
- Survenue des symptômes aprs 50 ans
- Aggravation d’une constipation chronique sans cause évidente
- Rectorragies
- Anémie
- Recherche de sang dans les selles positive
- Perte de poids
- Constipation sévre, persistante ne répondant pas au traitement
- Antécédent personnel de cancer gynécologique

La présence de l’un de ces signes impose une exploration colique, la coloscopie étant l’examen de première intention, la coloscopie virtuelle ne doit être envisagée qu’en cas d’impossibilité de la coloscopie optique.

Quelles sont les causes non coliques de constipation à rechercher systématiquement ?
Il s’agit principalement de cause :
- Endocrinienne ou métabolique: diabte, hypothyroidie, hypercalcémie, insuffisance rénale chronique
- Certaines maladies neurologiques : maladie de Parkinson, certaines pathologies médullaires, neuropathies périphériques, AVC, SEP
- Médicamenteuses : analgésiques, antidépresseurs, antihypertenseur, anti diarrhéiques.
- D’autres pathologies comme dépression, démence, psychose
- La grossesse, le sujet agé

Quels traitements de premire intention ?
En premier lieu doit être recommandée la mise en place de régles hygiéno-diététiques. Il s’agit surtout de l’augmentation de la ration en fibres alimentaires. Les fibres alimentaires augmentent la fréquence, améliorent la consistance des selles et diminuent la consommation de laxatifs. Leurs effets sont moins prononcés en cas de constipation distale et leur délai d’action est plus long que celui des laxatifs. L’augmentation de la quantité de fibres alimentaires doit être progressive, étalée sur 8 à 10 jours en deux prises quotidiennes afin d’éviter les ballonnements, pour atteindre une dose de 15 à 40 grammes par jour. Il faut privilégier les fibres de céréales (son de blé, pain au son) et les légumes et fruits secs (lentilles, pruneaux, haricots secs) qui sont bien tolérés sauf en cas de syndrome de l’intestin irritable associé. Le bénéfice de l’activité physique et l’augmentation de la ration hydrique quotidienne sur la constipation n’est pas démontré. Le traitement médicamenteux repose en première intention sur les laxatifs osmotiques, plus rarement sur les laxatifs de lest de type mucilage.

LES REFLEXES
Rechercher une complication devant une constipation chronique dont le fécalome Ne pas méconnaitre le tableau d’une fausse diarrhée chez un patient constipé chronique Ne pas prescrire de laxatifs stimulants Référence Recommandations pour la pratique clinique dans la prise en charge et le traitement de la constipation chronique de l’adulte.
Gastroenterol Clin Biol 2007;31:125-135 Docteur Guy Scemama. Hôpital privé d’Antony